LE SPIRAL EAU

Créé en 1993, le SPIRAL EAU a pour mission principale de définir à l'échelle de l'agglomération les objectifs et les moyens d'atteindre les objectifs du plan d'action Rhône ; parmi ces objectifs, réintégrés depuis dans le SDAGE, figure notamment la réduction de 50% des rejets toxiques urbains et industriels. Dans un premier temps, le groupe a orienté ses travaux sur l'acquisition d'informations. La création d'une station de suivi du fleuve et d'alerte, située à Ternay, au sud de Lyon, participe à cet objectif. Des analyses complémentaires ont été mises en œuvre pour mieux connaître les flux prioritaires en matière de toxiques. En 2001, la mission dévolue au SPIRAL EAU a évolué : il s'agit d'étudier les moyens possibles, au niveau de l'agglomération lyonnaise, pour atteindre les objectifs du Plan d'action Rhône (objectifs repris dans le SDAGE en 1996 et qui visent, d'une part à réduire de moitié d'ici 2007 les rejets au fleuve des micropolluants organiques et des substances toxiques, et, d'autre part à soustraire le fleuve au risque de pollution accidentelle). Autre action importante : sensibiliser les entreprises et les ménages, afin qu'ils gèrent correctement les déchets toxiques qu'ils détiennent.

Suite à la fermeture le 1er janvier 2011 de la station de surveillance en continu des eaux du Rhône en aval de lyon, pour laquelle le SPIRAL EAU avait été l'instance de concertation pour sa réalisation, son financement et son suivi, cette commission ne s'est plus réunie.

 

Station Ternay
 
 

Rappel : les actions particulières du SPIRAL EAU

  • L'engagement de réduction, d'ici janvier 2007, des rejets au Rhône des micro-polluants (métaux et micro-polluants organiques)

C'est l'aboutissement d'un long travail de recherche, d'analyse et de réflexion, commencé en 1999, visant à déterminer des valeurs cibles de rejets pour 8 métaux et 17 micro-polluants organiques, afin de respecter d'ici 2007 les objectifs de réduction de 50 % des rejets toxiques identifiés, en application du SDAGE.

Sont concernés par cet engagement, le Grand Lyon, en tant que gestionnaire des stations d'épuration, et les 9 entreprises qui rejettent directement au Rhône.

Avant d'aboutir à des valeurs cibles de réduction, il a été nécessaire, en particulier pour les micro-polluants organiques, de définir les valeurs de référence des substances à suivre, ce qui a nécessité plusieurs campagnes d'analyses étalées sur plusieurs années.

 

L'engagement de réduction des rejets au Rhône des micro-polluants (métaux et micro-polluants organiques)

La mission confiée au SPIRAL EAU, lors de sa création en 1993, consiste à étudier et proposer, à l'échelle de l'agglomération lyonnaise, les moyens à mettre en place pour atteindre les objectifs du " plan d'action Rhône ", objectifs repris dans le SDAGE (Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eaux) en 1996. Ces objectifs définis par le Comité de Bassin Rhône-Méditerranée-Corse et approuvés par le ministre chargé de l'environnement visent, d'une part à réduire de moitié en dix ans, soit d'ici janvier 2007, les rejets au Rhône des polluants organiques et des substances toxiques, et, d'autre part à soustraire le fleuve au risque de pollution accidentelle.

Lors de la commission permanente du SPIRAL le 19 avril 1999, le Président du SPIRAL EAU, Monsieur Jean-Claude DAUMAS, par ailleurs Vice Président du Comité de Bassin, a annoncé la création d'un sous-groupe de travail chargé de réfléchir sur les propositions de réduction des rejets toxiques, industriels et urbains, en mettant l'accent sur une connaissance et un suivi accru de ces rejets. Les sites concernés sont ceux qui rejettent directement dans le fleuve Rhône ou dans la Saône et comprennent :

  • 8 établissements industriels (avec 13 rejets) : Sanofi Aventis (ex : HMR Neuville) avec 2 rejets (biologique, direct), Arkema St-Fons (ex : Atochem), Arkema Pierre-Bénite (2 rejets), Rhodia Organique (2 rejets : nord et sud), Rhodia Belle Etoile (2 rejets : centre et sud), Rhodia Engineering Plastic (ex : Nyltech), Total raffinerie (ex : Elf Antar), Rhodia Silicone (2 rejets : nord et sud)
  • la station industrielle du GEPEIF
  • les 2 stations d'épuration urbaines de Saint-Fons et Pierre-Bénite (2 rejets)

L'élaboration de l'engagement signé par le Grand Lyon et 9 industriels, visant à réduire de moitié, d'ici 2007, la toxicité de leurs rejets au Rhône (8 métaux et 18 micro-polluants organiques) est décrite dans le rapport de synthèse du groupe de travail "toxiques" ci-après :

L'engagement a été signé à l'occasion de la cérémonie des "15 ans du SPIRAL"  le 21 octobre 2005

 

Rappels sur la station de surveillance de Ternay (69)

Suite à une grave pollution du Rhône en mai 1993, le Préfet avait confié au groupe EAU du SPIRAL la mise au point d’un dispositif automatique de surveillance de la qualité des eaux du Rhône à l’aval de l’agglomération lyonnaises. Ainsi, toutes mesures pourraient être prises au niveau de la distribution des eaux avant qu’une substance éventuelle n’ait contaminé les puits par migration lente au travers du filtre de gravier que constitue la berge du Rhône.

Après moult études (situation géographique, représentativité du prélèvement…) et problèmes (financement, problèmes sur le permis de construire…), la station a finalement été mise en service en 2001 avec 3 objectifs :

- l’alerte pour les champs captant (2 Syndicats concernés, 185 000 personnes),

- la surveillance en continu du fleuve face aux principaux rejets : collectifs, industriels (et accidentels),

- le suivi patrimonial du fleuve Rhône.

La station comprenait une prise d’eau, des matériels de prélèvement et d’échantillonnage automatiques et un bâtiment abritant les analyseurs physico-chimiques (COT, métaux lourds…), un système d’alerte biologique (activités des truitelles), le système informatique de gestion et de traitement de l’information (automate).

Dans un premier temps c’est l’un des Syndicat qui était le maître d’ouvrage, avec un co-financement pour l’exploitation : Agence (50 %), Camaly (association regroupant le Grand Lyon et les 6 établissements industriels qui rejettent directement au Rhône), EDF, CNR, 2 Syndicat de distribution d’eau ; pour mémoire l’Etat avait participé à l’investissement.

La gestions technique avait été confiée à SDEI

Le suivi de la station, les choix de gestion technique étaient faits systématiquement au sein du SPIRAL EAU ce qui permettait d’associer à la concertation les 4 collèges (il n’y avait pas le collège Salariés).

Le coût de fonctionnement était en 2010 de 180 K€

Un premier problème de financement a surgi quand la CNR a arrêté sa participation, puis l’Agence de l’eau a été de plus en plus réticente à financer cette station pour les raisons qu’elle explique elle-même :

"L’alerte AEP est satisfaite correctement. La surveillance pose problème d’une part, car seulement un nombre réduit de paramètres sont suivis par la station, d’autre part car les données recueillies « bruit de fond » et/ou pics observés (métaux et Cr6+ en particulier) ne sont pas exploités pour une recherche de leur origine."Enfin pour l’Agence la mesure en continu est inadaptée pour un suivi patrimonial compte tenu de l’existence du réseau national de bassin.

Plusieurs études extérieures n’ont pas permis de répondre à la question de la recherche de l’origine des pics que l’on trouvait périodiquement sur l’analyseur automatique de métaux lourds à la station (chiffres plusieurs fois validés par des analyses parallèles en labo). Par ailleurs la pertinence de cette station en cas de pollution (autres que des petites irisations dues à des hydrocarbures) n’a pas été démontrée car il n’y a pas eu de pollution importante depuis 1993. Un autre reproche a été fait à cette station, c’est de n’avoir pas vu le problème des PCB qui ne pouvaient être mesurés en continu. L’Agence n’a pas inclus cette station dans le réseau de suivi du bon état des masses d’eau de la directive cadre sur l’eau.

En conséquence, suite au  désengagement financier de l'Agence (50 % du budget), le Grand Lyon qui était devenu maître d’ouvrage de cette station en 2009, a pas souhaité supporter seul la compensation financière au delà de 2010, en cascade, les autres financeurs n'ont pas donné suite. Cette station est donc fermée depuis le 1er janvier 2011.